Il y a des plats qui ne paient pas de mine, mais qui parlent au cœur. Pour moi, la Ratatouille fait partie de ceux-là. A peine les légumes commencent-ils à fondre doucement dans l'huile d'olive que déjà, l'odeur m'embarque loin : quelques part dans le Sud, entre une cuisine ensoleillée et un jardin potager en pleine forme.
Je ne sais pas quand j'ai mangé ma première ratatouille. Sans doute enfant, un midi d'été, à l'ombre des volets fermés. Ce que je sais, c'est que depuis toujours, c'est un plat qui m'apaise. Il a cette générosité simple qui met tout le monde d'accord. Et puis, c'est beau : des couleurs chaudes, un air de tableau vivant dans la cocotte.
Chez moi, pas de fantaisie excessive : aubergines, courgettes, poivrons, tomates, oignons, ail. Je choisis toujours les légumes bien mûrs, si possible du marché. L'odeur d'une bonne tomate en plein été n'a pas de prix, et je crois que c'est là que tout commence.
Ce que j'aime dans la ratatouille, c'est qu'elle vit plusieurs vies. Elle est parfaite chaude, à la cuillère, avec du pain frais. Et le lendemain, froide, elle est presque meilleure. Sur une tranche de pain, dans une quiche, avec un œuf poché...
Je la cuisine souvent en grande quantité. Un peu comme une promesse qu'on se fait : "tu verras, dans deux jours, elle sera encore meilleure".
J'ai accompagné ma ratatouille avec des saucisses au chorizo (du marché) cuites à la poêle.