Le Mapo tofu naît du XIXe siècle à Chengdu, dans le Sichuan. Son nom vient de "Ma Po" (la femme marquée de la variole), surnom de la cuisinière qui le préparait dans une petite auberge fréquentée par des portefaix et des ouvriers.
A l'origine, ce n'est pas un plat sophistiqué mais une réponse culinaire à un contexte précis : peu de viande, beaucoup de tofu, besoin d'énergie, de chaleur et de satiété.
Ce plat appartient à la cuisine populaire du Sichuan, construite autour de trois piliers : le piment, le poivre de Sichuan, la fermentation. Il n'est pas conçu pour "piquer", mais pour stimuler.
Les ingrédients essentiels sont : le Tofu, le bœuf haché ou le porc, le Doubanjiang, le Douchi, le piment séché et huile pimentée, le poivre de Sichuan, ail et gingembre, le bouillon clair, la fécule.
Je vous propose une version de Mapo Tofu sans la viande. Tous les éléments techniques sont conservés.
Ce plat sans viande s'inscrit dans la tradition du "Su Mapo Doufu", une version connue en Chine, souvent préparée dans les contextes végétariens ou bouddhistes.
Le Mapo Tofu se mange avec du riz blanc nature, cuit simplement à l'eau. Le riz n'est pas un accompagnement au sens décoratif : il sert à absorber le gras, à tempérer la chaleur et à prolonger la sauce. Sans riz, le plat devient vite saturant.
Personnellement, j'ai adoré ce plat qui m'a surpris au niveau des goûts. Cela m'a réconcilié avec le Tofu que je cuisinais qu'en de rares occasions.