Aujourd'hui, je vous emmène en Roumanie, voyage réalisé par ma fille Doriane.
Ce que je retiens à travers ses dires et photos, ce sont les contrastes brutes : des villes qui avancent vite, des campagnes qui n'ont pas bougé depuis longtemps, des routes longues (parfois pénibles) mais qui mènent à des paysages solides, immenses, somptueux sans mise en scène.
Ce pays ne fait pas d'effort pour plaire. Il impose son rythme. Il faut accepter de ralentir, d'attendre, d'observer.
Les gens ne se racontent pas beaucoup, mais ils sont là, présents, un café partagé, un repas simple, un silence qui ne gène pas, pas de folklore pour touristes.
Paysages roumains dont certaines photos ont été prises à Sighisoara...
Le château de Peles de Sinaia dans les Carpates à 120 km au nord de Bucarest, est impressionnant.
Sa construction a débuté en 1873 et s’est achevée en 1914. Le projet a été initié par le roi Carol Ier de Roumanie, qui souhaitait un lieu de villégiature pour la famille royale.
Il se distingue par son style, mêlant des éléments gothiques, baroques et de la Renaissance.
Le château a été l’un des premiers en Europe à être entièrement électrifié, bénéficiant d’une centrale électrique sur place. Il a servi de résidence d’été à la famille royale jusqu’en 1947, année où le roi Michel Ier a été contraint d’abdiquer. Après la chute du communisme en 1989, le château de Peles est devenu un musée, ouvert au public, offrant une plongée fascinante dans l’histoire et la culture roumaine.
La mine de sel de Turda est un lieu à la fois spectaculaire !
Ce qui frappe, c'est l'espace. On descend et tout devient massif, minéral presque irréel. Les galeries sont larges, les plafonds hauts, les parois brillent d'un sel blanc, parfois rosé.
On a l'impression de marcher dans un monde souterrain à part, calme mais imposant.
Elle a été exploitée pendant des siècles. Mais aujourd'hui, elle est plus qu'une mine, c'est un site aménagé pour le tourisme, avec des escaliers, un lac souterrain, des bateaux, des tyroliennes et même une grande roue.
Le château de Bran est connu avant d'être compris. Sa réputation le précède, surtout celle qu'on lui a fabriquée. Dracula est partout, même quand on essaie de l'oublier.
Le château en lui-même est petit, resserré, presque inconfortable avec des escaliers étroits, des pièces qui s'enchaînent sans logique évidente. Rien de majestueux, rien de grandiose, on est loin d'un château de pouvoir.
Bran joue surtout sur l'imaginaire. Le décor est réel, l'histoire beaucoup moins. Vlad Tepes (ou Vlad l'empaleur) y est associé, sans que le lieu lui appartienne vraiment.
Vlad Tepes était un prince de Valachie (1431 -1476), une région qui fait partie aujourd'hui de la Roumanie. Il était surtout connu pour sa violence extrême et sa manière de gouverner par la peur. Sa méthode préférée pour punir ses ennemis (réels ou supposés) était l'empalement, d'où son surnom.
Historiquement, c’était un dirigeant dur, autoritaire, obsédé par l'ordre et la loyauté. Il combattait l'Empire Ottoman et tentait de maintenir l'indépendance de son territoire.
Le lien avec Dracula vient beaucoup plus tard. Bram Stocker s'est inspiré de son nom et de sa réputation pour créer le personnage du vampire, mais Vlad Tepes n'était pas Dracula et n'avait rien d'un vampire. Le mythe a dépassé largement l'homme réel.
Le Palais du Parlement, monument incontournable qu’il vous faut visiter, se trouve à Bucarest, capitale de la Roumanie sur la colline d'Arsenal en plein centre-ville. Il n'est pas là pour plaire mais pour écraser par sa taille, par sa masse par ce qu'il représente.
Construit sous la dictature de Nicolae Ceausescu dans les années 1980, c'est l'un des bâtiments les plus grands et les plus lourds du monde (après le Pentagone). Tout est excessif : les volumes, les salles, les couloirs, les matériaux (marbre roumain, lustres immenses, tapis interminables...)
Pour le construire, des quartiers entiers de Bucarest ont été rasés avec des églises déplacées, des maisons détruites, une partie de la ville sacrifiée.
Aujourd'hui, il abrite le Parlement roumain, mais aussi des salles de visites. On y entre comme dans un monument figé. Ce n'est pas un lieu chaleureux, ni vraiment vivant. C'est un vestige de pouvoir, lourd de sens, difficile à ignorer.
Quand on parle de "Wenesday", ce n'est pas un lieu que l'on visite mais des lieux réels qui ont servi de décors à la série Netflix. La production a utilisé plusieurs bâtiments et sites autour de Bucarest et en Transylvanie, ce qui a créé une vraie curiosité touristique.
Les extérieurs de l'Académie ont été filmés au château de Cantacuzino, à Busteni. Les intérieurs, eux, ont été réalisés dans des studios près de Bucarest. Le mélange donne l'impression que Nevermore est à la fois ancien et monumental, même si ce n'est qu'un décor de fiction.
Ce qui est intéressant, c'est que l'Académie incarne à la fois le mystère et l'extravagance de la série, tout en restant ancrée dans des sites roumains réels. C'est un exemple parfait de fiction qui a transformé le tourisme local.
Le Palais CEC est un bâtiment monumental situé dans l'une des artères principales du centre-ville de Bucarest, dans un quartier riche en architecture historique.
Il est un exemple remarquable du style électrique influencé par les Beaux-Arts et le néo-baroque français.
Il a été construit sur le site d'un ancien monastère du XVIe siècle, détruit en 1875. L'inauguration eu lieu après 3 ans de travaux entre 1897 et 1900 pour abriter le siège de la Caisse d’Épargne et des Consignations (CEC Bank), la plus ancienne institution bancaire publique de Roumanie, sous la supervision du Roi Carol 1er et de la Reine Élisabeth.
Il a résisté, avec très peu de dommage, à des tremblements de terre majeurs (dont celui de 1977) et aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
Au-delà de sa fonction bancaire, le palais a accueilli événements culturels et officiels (réceptions, galas, conférences) au fil du temps, renforçant son rôle dans la vie sociale de la ville.
Il est considéré comme un symbole majeur de l'architecture historique de Bucarest, représentant l'Âge d'or de la Belle Époque et l'influence européenne (notamment française) sur la capitale roumaine à la fin du XIXe siècle.